Irréprochable propreté

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Illustration intérieure de la nouvelle

Illustration d'Eric Malterre

Ambiance

Une petite histoire qui mêle gore et humour en partant de la très classique porte qu'il ne faut pas ouvrir et derrière laquelle se cache ce que l'on n'attendait pas... Un texte qui change de mes habituels voyages SF.

Incipit

Je ne vais pas dire que j’étais ravie de ce déménagement, mais je n’en étais pas malheureuse pour autant. D’une certaine façon, j’en ressentais presque du soulagement après ces derniers événements qui nous avaient marqués. Certains profs avaient commencé à me regarder bizarrement au collège et j’avais l’impression que les voisins nous jetaient souvent des regards peu amènes.
Même mes parents allaient apprécier de ne plus entendre remarques et ragots dans leurs dos. Pourtant, en ce début d’automne 2078, quand on s’est planté devant notre nouvelle maison, j’ai vu M’man faire une de ces grimaces dont elle avait le secret : elle trouvait les lieux encore plus laids que dans la visite virtuelle. Moi, je m’en fichais ! Ma chambre était deux fois plus grande que la précédente et on s’installait à côté du flyway où j’allais trouver, non seulement, une immense ludothèque, mais aussi des salles de jeux et de sports à foison. Mon nouveau collège – un de plus, le troisième en cinq ans – était à moins de trois minutes en skate-jet ; je savourais déjà le plaisir de pouvoir me lever au dernier moment.
J’ai laissé mes parents se lancer des mots aigres-doux. Activant mon casque de réalité augmentée, j’ai chargé ma dernière partie de Wolf-Ender. Autour de la bicoque, le parc s’offrait à moi pour combattre et trucider au sabre-laser tous les monstres et loups-garous planqués derrière les arbres dans l’espoir de me sauter dessus. Évidemment, M’man a crié de pas m’éloigner. Par réflexe, P’pa a répliqué que c’était bon, que j’avais quatorze ans et que, comme j’étais un garçon manqué, gnagnagna … Je n’ai pas écouté la suite que je connaissais par cœur et, de toute façon, j’étais déjà ailleurs, occupée à décapiter des lycanthropes en faisant gicler leur hémoglobine en trépignant de joie. Je crois qu’ils ont continué à chicaner un bon moment alors que je courais déjà comme une folle.

Illustration intérieure : (ci-contre) : « Impeccable Cleanliness » d'Eric Malterre (cliquez ici ou sur l'image pour la voir sur DeviantArt).
Illustration de couverture : « Fly  » de Lorenz Hideyosji Ruwwe (cliquez pour la voir sur ArtStation)

Revue AOC numéro 60

Irréprochable propreté
AOC n° 60

 d'André David
Entre les murs de ce théâtre, les acteurs peuvent changer de costumes, mais il leur est défendu de retirer leur masque. Comme toute interdiction, il est tentant de la braver. Ce sera à leurs risques et périls !

Irréprochable propreté de Jean Christophe Gapdy
Dans sa nouvelle maison, une adolescente découvre une pièce secrète au fond du grenier. A sa grande joie, elle contient des robots qu’il lui tarde de faire fonctionner.
Si vous aviez encore un doute, il va disparaître à jamais : les robots ne sont pas des jouets !

Entre deux mondes d’Agathe Tournois
Quand naître sans bras ni jambes est la norme, la notion de handicap devient relative...
Pour vivre en dehors d’une communauté, lieu de refuge pour ceux nés avec des excroissances, Elyana et Torn ont caché leur différence. Jusqu’au jour où un événement inattendu met fin à leur périple.

Achat en ligne sur le site Présence d'Esprits

J’ai dévoré d’une traite cette histoire de propreté irréprochable, et elle m’a franchement fait rire ! J’imagine Jycé hilare derrière son écran en écrivant cette histoire, chaque éclat de rire et chaque soubresaut nourrissant les gestes et les dérapages de son robot de nettoyage et de stérilisation médicale complètement frappadingue. J’ai aussitôt pensé à la scène du dentiste dans « Nemo », mais en version portée au centuple ! Génial ! Et c’est là que je me dis que le titre de cette nouvelle est très bien trouvé.  Suspense, surprises, action, bagarre, casse, sang qui gicle, rage, désespoir, folie : tout y est, jusqu’à un double twist final très réussi qui nous ramène dans l’univers syssolien. En un mot : excellent !
https://www.legaliondesetoiles.com/Irreprochable-proprete-Jean-Christophe-Gapdy_a5969.html

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Irréprochable propreté” est plus enlevée et bien plus prenante. Une famille emménage dans une nouvelle maison. Leur fille en explore tous les coins dont le grenier. Des serrures ADN interdisant certains endroits attisent sa curiosité. Elle cherche bien sûr à savoir ce qu’elles cachent. Très mauvaise idée ! Surtout avec un père tel que le sien. Jean Christophe Gapdy captive jusqu’au bout, notamment grâce à une surprise finale contrebalançant l’horreur de la situation. La curiosité est un vilain défaut, c’est pourtant connu. Et le bricolage maison n’est pas toujours à la hauteur des attentes. Un beau moment de lecture.
https://www.yozone.fr/spip.php?article26265

Lorsque l'on te dit d'écouter tes parents... 
Une nouvelle maison, une adolescente qui n'écoute pas ses parents et une porte fermée. Lorsque j'ai lu le résumé, je me suis dit : « Oh ! Que c'est convenu ! ». Puis j'ai lu la dernière phrase et j'ai été emballé. Voilà donc un texte de SF gore old school qui se lit tout seul. J’ai beaucoup aimé que l'auteur change ce qui se trouve habituellement derrière la porte pour une chose beaucoup plus SF et l'héroïne n'est pas une dame apeurée. Jusqu'à la fin, une question me taraudait, pourquoi ce déménagement ? Une erreur de l'auteur ? Mais non, tout s'emboîte parfaitement et logiquement. J'ai pris plaisir à lire ce texte qui change de ce que nous propose l'auteur même si quelques clins d'œil, ici et là, font que l'on reconnaît sa patte. Que le terme de gore ne t'effraie pas outre mesure, cela reste léger, mais un conseil cependant : brosse-toi bien les dents... et écoute tes parents !
https://lechiencritique.blogspot.com/2021/06/aoc-n60.html

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Un très bon texte là encore. Pas coup de cœur comme précédemment, mais j’ai été conquise par le ton de la narration et le déroulé. La gamine, je la kiffe d’autant plus que le côté « casse-cou » et « garçon manqué » qui lui est attribué… c’est quasiment moi au même âge. Identification à 3000% donc (moins ce qui se passe hein, quand même !) Il y a un côté très pulp dans cette histoire, et j’ai beaucoup aimé que l’auteur place des facéties au milieu du gore, une scène particulièrement me reste en tête, entre hilarité et dégoût. La fin est un peu prévisible, mais c’est pas grave, le voyage vaut carrément le détour.
https://biblyfantasy.home.blog/2021/06/16/aoc-n60-collectif/

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