Légendes et récits du vent

Fantasy en poésie

Des textes écrits voici bien des années et parus sous le pseudonyme de « Patrice de Loup Rouge ».

Couverture de « L'éternité oubliée »

Présentation

Un voyage onirique dans des mondes fantastiques sous forme de poèmes. Histoires éparses, conte de fantasy, ritournelle d'enfance et kyrielle égrénée de l'alphabet. Ce recueil parcourt les heures tour à tour merveilleuses ou sombres des souvenirs et des rêves peuplant des nuits d'enfance et d'adolescence. Le tout était accompagné de 21 illustrations intérieures réalisées au crayon et à l'encre de Chine avant d'être scannées et retravaillées en numérique. La presque totalité des textes et illustrations est datée des années 1972 à 1980.

IMPORTANT : Depuis le 1er mars 2018, le recueil n'est plus diffusé ni vendu par l'éditeur. Voir l'onglet « Achat direct » pour vous le procurer en format papier ou epub en me contactant..

Quatrième de couverture

Il se souvient si bien de cet été. Il ne l'oubliera jamais. Cet été où on l'envoya là-bas près de Dôle, dans le Jura, dans cette vallée des Anges, aux noms si étranges, Vriange, Romange, Amange... Près de cette forêt si grande, si longue, qui menait jusqu'à la Saline Royale.
Parce que cet été-là fut magique. Parce qu'à seize ans, se noyer dans des yeux aussi clairs était merveilleux. Parce qu'à seize ans, il découvrit qu'au creux de cette forêt immense, une fée lui parlait. Parce qu'il entendit les sylvains et les elfes raconter l'amour et des légendes qu'on ne peut qu'écouter, ébahi, avant de les tracer d'une plume hésitante et maladroite sur quelque feuille, quelque cahier d'écolier.
Et, de feuille en feuille, de cahier en cahier, ces légendes et cet amour sont devenus poèmes. Et, de poèmes en poèmes, elles sont redevenues légendes.
Parce que l'amour reste éternel et qu'il n'oubliera jamais son premier amour, celui d'une fée rencontrée dans quelque forêt perdue, non loin du pays des Anges.
Parce que seule l'éternité peut s'oublier...

Six époques, six mondes, six univers se trouvent rassemblés dans ce recueil.

La plupart de ces poèmes, qu'ils soient rimés ou en vers libres, ont été écrits entre 1972 et 1982. Quelques-uns ont été rajoutés de ci de là, et les cinq derniers permirent de compléter le recueil pour sa parution. Les illustrations de l'auteur datent, elles-aussi, majoritairement des années 72-82, cinq vinrent les compléter là aussi afin de réaliser le manuscrit final pour sa parution.

Extrait #1

Le lai du Reître des Batailles

(Ikkara ou les elfes)

Sais-tu comment ce lieu se nomme ?
Pourtant tu le devrais, enfant.
Autrefois, ton peuple y est né,
Dans cette plaine vallonnée
Où tant de rivières venaient,
Où les forêts, y grandissant,
Se vêtaient de lys et d’arums.

Ton peuple y tirait sa puissance,
Sa force et tout autant sa gloire,
Tout ce qui le rendait brillant,
Paré d’un voile étincelant.
Bien loin de ton être navrant,
Pauvre corps gris et sans espoir,
Pauvre esclave dès ta naissance.

Ains que les druides n’arrivent,
Ici était le cœur de l’Ainhes.
Ici était son sang, son âme,
Une puissance qu’on acclame,
Une magie d’elfes qui brame,
Celle des fées et des sylvaines
Et celle des sylphes, si vive.

D’ici, on voyait les centaures,
Lutins et griffons et tous ceux
De ton peuple dans cette enclave
Avant qu’il ne devienne esclave,
Avant que nos guerriers n’y bravent
Le sort et n’encerclent ce lieu,
Et … Bah ! Tu es enfant, encore.

Je n’ai, pas plus que toi, connu
Cet ancien millénaire où l’Ainhes
Était couleur de feux follets.
Mais je sais bien qu’il ne fallait
Qu’un simple boisseau pour sceller
Toute la magie de la plaine
Et nous y sommes parvenus.

Sais-tu quel est ce lieu, enfant ?
Ce lieu où les vallons culbutent
Plaines et ruisseaux, ensemencent
Les bois et forêts, qui y lancent
Leurs rires, paillards de naissance.
Bah ! Laissons ! Avance à la butte,
Au-delà se trouve le camp …

Et que reste en tes yeux grenat
L’image de ce sol ternaire,
Cette grisaille qui perdure,
Où des milliers des tiens moururent.
C’est la pâleur de ce que furent,
Voici plus de cent millénaires,
Les plaines de Latakkana.

Extrait #2

Les loups vont entrer chez nous, ce soir, ma mie

(Légendes et récits du vent)

Depuis longtemps, le printemps a oublié de revenir,
Qui a laissé pourrir, sur d'autres rivages d'avenir,
Le trop peu de joie qu'il apportait sur cette terre aride,
Bousculant les sanglots et le froid des pauvres têtes vides.
Le printemps s'est oublié depuis longtemps, nous laissant seuls
Parmi les hivers, chacun vêtu déjà de son linceul,
Depuis des millénaires. Aucun enfant ne le sait plus.
Il n'y a bien que ce vieux fou tout tremblant et vermoulu
De Piètrov pour vouloir leur parler de ces antiques livres
Et savoir conter le retour d'un printemps qui vous enivre.

« Igor ! Tania ! Nos enfants ! Rentrez donc ! Le froid se lève ! »
Les femmes engoncées sous leurs fourrures gelées, achèvent
De rentrer, serrant un dernier né tout nu au creux des reins,
Le peu de bois à brûler arraché au cœur de l'écrin
Qu’est cette neige épaisse. « Igor ! Allons ! Ne traîne plus tant !
Vois ! Ta sœur déjà est retournée à la hutte, il est temps ! ».

Croira–t–on jamais ici, les quelques futurs trop prochains,
Qu’autrefois le soleil était bien plus chaud que ce déclin
Qui n’arrive plus à trouer le ciel gris brûlant de vent ?
Qu’est douce et bonne la hutte qu'éclaire un feu violent.
Igor, enfin, s’assied près de l'âtre et j'ai bourré ma pipe.

« Katchia, ma femme ! Ce soir, les loups vont hurler leurs tripes.
Et les meutes chasseront loin dans le blizzard, jusqu'au jour.
Vois nos jumeaux qui sont là, insouciants comme toujours,
Assis à se battre et jouer tels de jeunes animaux !
Il faudra verrouiller les portes et passer les fermaux
Sur les livres des fenêtres, qu'ils ne puissent se sauver
Et répondre aux hurlements infernaux de ces énervés ! »
Le printemps ne reviendra plus maintenant. La fin est proche.
Déjà les charognards ont peuplé la terre et s'y accrochent.
Hier encor’, tous ceux des Roches Arides ont péri.
Les loups, les corbeaux et les chacals se sont trop bien nourris
De chair fraîche. Mais qu'importe leur mort puisqu'ils ont vécu
Heureux. S’il nous advient d’être tous à leur suite vaincus,
Qu'importera puisque nos enfants n'auront connu que joie,
Sans nuages et auront aimés sans connaître le poids
Des pleurs et des peines, riant et chantant sans retenue.

Mais le printemps aurait dû venir : ils L'auraient reconnu.

Extrait #3

Vagabond

(Les alphabets de l’enfant qui pleure)

Aujourd'hui, pauvre enfant couché là sous les arbres,
Bras et jambes serrés contre son maigre corps,
Cachait sa tête pâle dans ses jambes nues.
Des yeux trop bleus, des lèvres trop fines et claires,
Et un chien au poil ras, pelé et fatigué,
Fourré, par habitude, entre ses deux pieds sales,
Grattait un vieil os arraché aux chiens des gueux.
Heureux de son si peu de besoin à gagner,
Il vivait là, simplement, sa vie d'enfant triste.
Jamais de ses courses, de son voyage au terme,
Karl était dauphin aux pauvres hardes qui hante
Les chemins gris, s'y enivrant de son malheur.
Mais l'enfant aimait cette vie libre, ce ciel
N'ayant pour toit qu'étoiles, lune et ce soleil,
Où seul, il pouvait trouver un peu de bonheur.
Partout il fuyait cette éternelle tourmente
Que les hommes, souvent brutaux, se créent eux-mêmes.
Rien ne lui plaisait plus, qu'à quelques moments tristes,
Se retirer près des étangs et se baigner.
Tranquille et riant, alors, il restait près d'eux.
Un rêve lui revenait souvent : châteaux, salles,
Valets, rois et reines, princes ou chevaliers,
Walkyries et dieux hautains, ombres éphémères …
Xour, chien bâtard, se taisait. Puis, là, étendu,
Yeux clos, le gosse vagabond dormait alors.
Zéphyr de l'enfance, couché là sous les arbres.

Recueil « L'éternité oubliée »

Ouvrage à me commander en direct
Fin de diffusion chez l'éditeur

ISBN : 979-10-9000-426-9
Prix : 18 + port : version papier
Prix : 8 € : version epub
Nombre de pages : 230
Couverture et illustrations de l'auteur
Parution : Novembre 2013

Pour obtenir un exemplaire dédicacé,
n'hésitez pas à me contacter.

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Voici quelques-unes des 21 illustrations intérieures accompagnant ces textes.

Réalisées au trait (crayon et encre de Chine) en à-plat, elles ont été scannées et retravaillées en numérique pour améliorer la qualité à l'impression. La plupart avaient été dessinées dans les années 1970-1980, simultanément à l'écriture de ces poèmes.

Illustration intérieure « Le miroir d'Ikara »
Illustration intérieure « L'ange d'Ikara »
Illustration intérieure « La litanie des cages »
Illustration intérieure « Femme chyroptères »
Illustration intérieure « L'enfant du collège »
Illustration intérieure « Le sacrifice par les Druides »
Illustration intérieure « Touffeur »
Illustration intérieure « Le dernier elfe gris »
Illustration intérieure « Les alphabets de l'enfant qui pleure »