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Pearly Gates

de

Nicolas Pagès

Éditions du 38

2858 : L’humanité a fui la Terre désormais planète stérile, et s’est étendue à d’autres systèmes solaires. Un système de castes régit la société, dominée par une toute-puissante entité politico-religieuse appelé Consortium. Cette dernière règne d’une main de fer sur la plupart des activités humaines, contrôlant les ressources énergétiques et les matières premières. La liberté individuelle et le libre arbitre ne sont plus que des chimères brandies par les oligarques afin d’asseoir leur hégémonie. Ailleurs, à la surface d’une planète nouvellement répertoriée, une expédition minière met à jour un antique vaisseau enterré sous la poussière et la roche. Cette découverte changera le destin du monde connu.

2888 : Quand Daniel Pearly se met en devoir d’explorer une planète aride aux confins d’un obscur système solaire pour le compte du Consortium, il est loin de se douter que cette mission routinière ne sera pas de tout repos. Contre toute attente, il croisera la route d’une créature extraterrestre pour le moins belliqueuse. Cette rencontre sera le point de départ pour Pearly et sa complice Deina, d’une course-poursuite haletante au cours de laquelle les deux explorateurs tenteront d’échapper à l’emprise d’Hilton, le dirigeant de la Caste Digarion qui projette de soumettre la créature et de l’utiliser à ses propres fins suprémacistes.

Avec ses personnages attachants cabossés par la vie, Pearly Gates est un space opera nostalgique de la littérature pulp, qui fait la part belle au Rock’n’roll et à l’humour, s’inspirant des codes du Thriller.

Cette version est une intégrale des 2 tomes du roman.

Chronique parue dans la revue
O.U.A.T. n° 2 de mai 2022

 

Écrit historiquement en 2 parties à 2 époques, « Le règne du métal » puis « La nuit éternelle », voici une histoire pulpissime à souhait pour qui aime cette forme de récit à l'ancienne. Tous les ingrédients sont là, à commencer par le héros, aventurier, musclé, macho, un brin cynique et chiant, un dur à cuire un peu imbu, mais nappé d’un fond d’humanité, increvable et se sauvant [presque] de [presque] tout.

Je reconnais que ce genre n’est plus ma tasse de thé, mais l’auteur mène sa barque mieux que Charon et nous intéresse, sans coup frémir, à cette énigme qu’est la Déesse de métal, sale bestiole alien aux immenses tentacules terminés par des scies circulaires ou des bouches bien dentées. Parce que ce ne sont ni le groupe de presque-héros, ni le Consortium et sa clique de méchants, bien pourris et bien égocentriques qui m’ont le plus intéressé, mais cette découverte de la Déesse autour de laquelle tout va tourner. C’est fait pour vous dès lors que vous aimez l’aventure et l’imprévu, avec des scènes parfois bien creepy [sur grand écran, ça en jetterait et ne dépareillerait vraiment pas dans « Métal Hurlant Chronicles »] et offrant pas mal de clins d’œil ; certaines m’ont rappelé les revues Métal hurlant et Mad, des dessins de Richard Corben, des westerns, livres, séries et films SF ou post-apo, comme Planète Hurlante, Alien, Rollerball, Mad Max autant que le Baron Harkonnen, etc.

L’histoire est bien construite et se lit facilement grâce à des chapitres courts et plutôt incisifs. Il faut se cadrer petit à petit quant à la galerie de personnages, taillés à coups de serpe pour être hauts en couleur, tout en se laissant emporter ; l’objectif avoué est de nous distraire – avec pas mal d’hémoglobine et de clichés suffisamment caricaturaux parfois pour prêter à sourire – et c’est parfaitement réussi. Mon seul regret est d’être resté sur ma faim pour la Déesse et Deina qui sont entourées toutes deux de beaucoup de mystères non élucidés ; un peu plus de chapitres sur elles auraient été bienvenus plutôt que les découvrir en pointillés au cœur de l’aventure de Daniel Pearly. Au final, un excellent 4 sur 5 qui permet de se changer, réellement et très agréablement, les idées sans prise de tête.

JC Gapdy – 2 février 2021

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