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Quaillou

de

Sylvain Lamur

Rivière Blanche

 

Heurter un astéroïde en plein transfert hypo-spatial, voilà une prouesse rare... en ressortir vivant, c'est un exploit plus mémorable encore ! D'ailleurs, quand il voit ce monde étrange se développer autour de lui, Quentin croit d'abord à un rêve, ou à un délire post-mortem... Peut-être eût-il mieux valu que cela le soit, en vérité.En-dehors de son nom de famille et d'une belle gueule, Quentin Quonnard a jamais rien eu de bien remarquable. Un boulot tranquille, une femme aimante, un brin collante... Les aventures qui vont succéder à son crash vont rapidement lui faire regretter de ne pas s'en être contenté. Car jamais il n'aurait dû avoir dans sa poche un QUAILLOU...

Chronique parue dans la revue
O.U.A.T. n° 2 de mai 2022

 

Ayant plusieurs fois rencontré l’auteur, et donc connu sa gentillesse, son cabotinage et son humour épicé lors de salons, je savais en partie à quoi m’attendre quant au ton de ce roman. Ce qui s’est confirmé dès les premières pages : un petit must de Pulp-Culture, mêlant d’une certaine façon SF, Fantastique et Fantasy (tant qu’à faire, il n’a pas lésiné). Le genre de truc où pour obtenir la sauce la plus réussie, il faut prendre un sacré paquet de magie teintée d’un zeste de technologies exotiques (le régulateur ZAAZ, les routes Bosch, l’élargisseur, etc.), un héros un peu (beaucoup, sacrément) borderline, mais qui attire la gent féminine et les catas comme un aimant, quelques balades entre divers mondes (Umeg, Mara,…) d’un univers où se déplacer dans l’espace n’est pas un problème (du moins pas trop souvent, sauf pour Quentin cela va de soi), des femmes qui aiment la nudité et le sexe (mais, attention, les potiches n’existent pas ici, leurs plastiques et certaines rondeurs sont alliées à leurs caractères bien trempés), un truand à la Al Capone avec sa clique de méchants très antipathiques et son tueur très cruel, des aliens (et encore plus des alienes) qui font bon ménage avec l’engeance humaine, des gourous et devins (le S.F.F.E., le grand Bouz) aussi dépaysants qu’improbables (ne pas chercher de logique pour garder la tête froide et sur les épaules afin de continuer à lire), un caillou type météorite apparemment dépourvu de toute once de vie…

Voilà un petit peu du décor, si on ajoute que le héros et narrateur s’appelle Quentin Quonnard (avec un Qu, s’il vous plaît, merci !), qu’il renommera de fait Quaillou ledit caillou (pour aller avec son nom, ça va de soi), que lui et son copain Weddie sont mal, mais alors très, très mal barrés à bord de leur Bill Dollar en se retrouvant éjectés hors de la Bosh (censée être parfaitement et quasi-presque-totalement sûre)… on est happé par un roman chargé d’une terrible malédiction (n’oubliez pas qu’il y a de la magie dans cette histoire) : celle qui vous fait tourner les pages, parce qu’elles s’entremêlent de sourires et clins d’œil autant que d’éclats de rire (que l’on doit retenir discrètement si l’on est installé dans le train ou une bibliothèque spatiale), les aventures interstellaires – i.e. les tribulations – de Quentin ne laissant aucun répit au lecteur et s’enchaînent à un rythme endiablé – ainsi que ses sauteries d’ailleurs et les coups qu’il encaisse dans la g*** enfin la tronche et le ventre. Visiblement, l’auteur a lâché la bride à sa verve et à sa plume afin qu’elles s’amusent toutes deux autant que lui.

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On regrette un petit peu que subsistent des coquilles qui n’ont pas été corrigées çà et là, heureusement sans gêner la lecture. Pour le reste, péripéties, personnages et univers sont fous et fantasques, bourrés de twists, d’inattendus et de situations aussi improbables que loufoques, offrant un moment de détente bienvenue en ces périodes parfois moroses. Sous réserve d’apprécier tout ce qui en fait son charme, à savoir une aventure débridée et trépidante au ton humoristique (y compris dans les titres de chaque chapitre), vous risquez comme moi de dévorer ce bouquin en deux soirées et jusqu’à la dernière ligne. Ce, d’autant plus, qu’avec ses airs de ne pas y toucher, il nous promène dans les pensées de Quentin pour, in fine, nous parler avec ferveur d’humanité et d’altruisme…

JC Gapdy – février 2021

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