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Quelques idées et réflexions de départ :

La conception du « monde vivant » de Kyklos, à savoir sa flore et sa faune, a été quelque peu facilitée par le fait que je suis biologiste de formation et que je me suis toujours passionné pour la faune.

1 – Structure biologique de la flore

La question trouva très rapidement sa réponse quant aux particularités intéressantes à imaginer. Pas de plante ni d’arbre tels que nous les connaissons sur Terre avec majoritairement des tiges et des feuilles, mais des structures sous forme de strates étagées avec des formes ou caractéristiques plutôt inhabituelles, telles celle des lithops par exemple.

Autre point, les racines pouvaient avoir une structure intéressante en se basant sur le mycélium des champignons, mais aussi sur la mycorhization (symbiose entre champignons et racines de plantes).

Quant aux arbres, ceux-ci n’existeront pas sous la forme de troncs et de branches, mais là encore sous forme de stratification végétale avec une propension à s’étendre horizontalement et non verticalement, comme les arbres horizontalis (tel le cotoneaster) ou rampants (cas du genévrier rampant ou tapissant, de la ronce rampante qu'est rubus hayata-koidzumii, etc.).

Ceci permet de tenir compte d’une part des vents forts et d’autre part de précipitations réduites au niveau de Choristé, ce qui est dû à  l'encerclement de l'équateur par la banquise (voir les présentations des aspects climatiques de Kyklos).

2 – Structure biologique de la faune

Il se trouve que, voici des années, je m’étais posé une question particulière partant d'un constant simple : le système corporel de la plupart des êtres complexes de notre monde s’appuie soit sur l’unicité soit sur la parité...

Ainsi, sur le plan de la locomotion pour les mammifères tétrapodiques, il y a deux pattes avant (bras pour les primates) et deux pattes arrière (jambes pour les primates). Chez les poissons, les nageoires sont unaires (dorsale, caudale, anale...) ou paires (pectorales, pelviennes, en homologie des membres des tétrapodes) Sur le plan des organes, il y a deux poumons, deux reins, deux yeux, deux lèvres, deux narines, etc. Si nous autres mammifères n’avons qu’un cœur, celui-ci dispose de deux ventricules et deux oreillettes.
Ce constat est valable pour quasiment tous les animaux multicellulaires

Dans ce cas, quid d’une structure biologique animale basée sur le nombre trois ?

En dehors des insectes qui ont deux fois trois pattes, aucun autre animal ne possède une organisation physique tripartite à quelques très rares exceptions près et sur des « détails », non comme base physiologique.

Ainsi, les pieuvres-poulpes, bien que disposant d’une symétrie bilatérale, ont neuf cerveaux. De manière plus générale, les céphalopodes, dont les pieuvres font partie, ont 3 cœurs…

Autre cas particulier, certains reptiles, dont le Sphenodon, possèdent un troisième œil dit œil pinéal ou œil pariétal ; chez l’être humain, la glande pinéale pourrait d'ailleurs être une forme vestigiale de cet organe.

Ajoutons le cas du Fossa (animal endémique de Madagascar) qui dispose de 3 incisives et, détail plus trivial car non significatif, la femelle possède 3 paires de mamelles (les canidés en ont entre 4 et 10, les félins 4 ou 8, etc.).

Mais en dehors de ces quelques cas particuliers, il n’y a rien…

Ce qui forcément donnait une piste singulière et utile quant aux différences des faunes kyklosiennes et terriennes possibles.

S’y greffait un détail sans aucun rapport direct, mais qui m’avait marqué sur le plan historique et qui me poussait un peu plus vers le chiffre 3 : la tripartition du corps (dilaceratio corpotis) employée entre autres par les Capétiens et Valois, technique funéraire visant à séparer en trois parties la dépouille des régnants décédés ou de leur proche famille.

Quoiqu’artificiellement, certains humains avaient donc eu un corps en trois parties…

 

Un élément primordial du vivant terrestre est celui de la communication.

Pour la plupart des animaux, le son est un facteur important, avec au moins deux organes spécialisés :

  • ceux d’émission (le syrinx des oiseaux, le larynx des mammifères, les organes utilisés par frottement chez les insectes que ce soit la membrane à la base des ailes pour le grillon, le fémur frotté sur l’aile pour le criquet, la membrane vibrante – la timbale – de la cigale, etc.)
  • ceux récepteurs (les tympans de la tête pour les mammifères et oiseaux, les tympans des pattes ou de l’abdomen pour des insectes, les antennes ou poils spécialisés chez d’autres insectes, etc.)

Mais un mode de communication non sonore existe aussi et il est extrêmement important au sein de la faune terrestre (ainsi que pour une partie de la flore) : l’émission sémiochimique.

Communication intraespèce

Au sein d’une même espèce, la substance sémiochimique émise pour communiquer est appelée phéromone (ou phérormone, voire phérohormone). Les insectes en sont les principaux utilisateurs, mais de nombreux mammifères et reptiles en sont aussi émetteurs. Les premiers utilisent généralement leurs antennes pour les percevoir, les seconds possèdent d'un organe voméronasal (donc situé dans le « nez » ou près des narines selon le cas).

Communication interespèce

Cette communication dispose de 3 modes et donc 3 sortes de molécules sémiochimiques de type ectomone.

  • La première, celle de défense, vise à la répulsion (défense par dissuasion) au travers des allomones.
  • La seconde, celle d’attraction, vise à attirer une autre espèce (attirer une proie par exemple). Nommée kairomone, elle est émise aussi bien par des plantes que des animaux, y compris ceux aquatiques.
  • La troisième, la synomone, vise à l’attirance mutuelle ; elle est utilisée dans le cas de la pollinisation par les insectes ou dans celui de la mycorhization, voir la « Structure biologique de la flore » du premier onglet.

Principe retenu

Afin d’utiliser ce concept pour l’ensemble de la flore et faune de Kyklos, j’ai décidé de complexifier le processus et la structure des molécules sémiochimiques afin que celles-ci soient capables de transmettre des informations longues et organisées exactement comme nous le faisons en parlant au travers de signifiants assemblés dans des structures plus importantes : mots réunis en locutions (ou unités syntaxiques) pour former une phrase Ces émissions chimiques peuvent se coupler à des sons émis exactement comme nous associons des mouvements à nos paroles (mains, corps, expression du visage, yeux...).

Puis à partir de là, il devenait indispensable de considérer que ces éléments sémiochimiques pouvaient disposer d’une durée de vie importante, avec une non-volatilité, une non-dilution et une non-altération. Restait alors à prévoir un « emballage » protecteur afin d’assurer d’une part un transport précis et dirigé (ce qui n’est que rarement le cas pour les phéromones et ectomones), d’autre part un stockage mémoriel (devant être de très longue durée donc non altérable ou à très faible risque d’altération là encore).

L’humanité utilise cela pour l’écriture et le dessin (avec des graphies de tous types: dessins picturaux, signes tracés sur l’argile, gravure pour les hiéroglyphes (égyptiens, crétois, olmèques, etc.), signes sur le papier (mais aussi sur papyrus, chiffon, parchemin, etc.), électronique actuellement…

L'objectif est simple : envisager un possible début de « civilisation »…

Sur Terre, l’organisation sociale des animaux varie énormément selon les espèces.

Prenons six exemples différenciés :

1 – Les cerfs (principalement ceux d'Europe ou cerfs élaphes) vivent par petits groupes, séparés des biches la plupart du temps. Celles-ci, dirigées par une biche plus âgée, sont réunies en harde avec les faons de l’année, voire de l’année précédente. Ce n’est qu’à l’automne, que cerfs et biches se réunissent pour la reproduction après la période du brame, mais les daguets évitent de se mêler et de se mesurer aux mâles plus puissants et plus âgés à ce moment-là. 
Les chevreuils (d'Europe principalement) ont une organisation sociale identique ; les brocarts ne forment harde avec les femelles qu’à partir de l’automne et pour l’hiver.

2 – Chez les cétacés, les cachalots et les épaulards (ou orques) ont une organisation sociale matrilinéaire (voir en bas de page), c’est-à-dire centrée autour des femelles [dont les mères principalement] et non des mâles, sous forme de clans vocaux pouvant rassembler jusqu'à plusieurs milliers d’individus. Les clans peuvent se côtoyer, mais ne se mélangent pas. Les mâles quittent le clan avant la maturité sexuelle et vivent alors soit dans un petit groupe de mâles, soit en solitaire, avant de retrouver leur clan vocal pour la période de reproduction.

3 – Les termites (pour rappel, le nom est masculin) sont réunis en colonies et organisés en castes, dont chaque représentant possède une morphologie particulière : ouvriers, soldats, reproducteurs sexués (issus des imagos, c.-à-d. des insectes ailés qui ont perdu leurs ailes après l’essaimage). Il n’y a que 2 reproducteurs actifs par colonie, que l’on nomme la reine et le roi, mais des termites néoténiques (mâles et femelles sexués de remplacement conservant un aspect de larve) peuvent prendre le relais si le couple initial meurt ou si une partie de la colonie se trouve totalement et définitivement séparée de sa colonie mère.

4 – Les lycaons (canidés d’Afrique) sont organisés en meute d’une dizaine à une trentaine de membres, selon une hiérarchie sociale complexe. C’est le couple dominant qui assure la reproduction avec une femelle dominante qui mène la meute. Chez les loups, s’il existe aussi un couple dominant (appelé couple alpha), il a été montré que les meutes peuvent se structurer autour d’un trio alpha, trio constitué d’un mâle et de deux femelles.

5 - Les girafes forment des groupes complexes basés sur la coopération entre les individus autour d’une structure matrilinéaire. Ce que l'on considère aujourd'hui comme des groupements comparables potentiellement à ceux des éléphants, des cétacés (voir point 2ou des chimpazés (voir point 6).

6 – Les primates ont des organisations sociales différenciées. Ainsi, les orangs-outans sont partiellement solitaires, les gorilles sont organisés en troupe avec un mâle dominant et un harem, les chimpanzés et bonobos sont réunis en clans avec des adultes de chaque sexe.

Tenant compte de cette variété, j’ai considéré vraisemblable qu’elle soit aussi complexe et différenciée sur Kyklos, mais hors d’une notion de parité sexuelle, puisque la reproduction est fondée sur une tripartie : protomâle (reproducteur uniquement motile), protofemelle (reproductrice motile ou végétative) et gestante (réceptrice végétative).

Notez que sur le plan humain, le concept matrilinéaire est défini en terme de famille, c'est-à-dire lié à l'ascendance maternelle et non paternelle (une liste de sociétés matrilinéaire et matrilocales est accessible sur Wikipédia)

Un mode de reproduction particulier.

La reproduction animale sur Kyklos obéit à un processus complet nécessitant, non UN (cas de la parthénogenèse) ou DEUX individus (distincts et sexués), mais TROIS individus distincts.

Extrait reformulé du roman :

Il paraissait n’y avoir aucun concept de sexe mâle et femelle, au contraire de la plupart des animaux terrestres.

De ce qu'observa plusieurs fois l'équipage humain, la reproduction partait d’un premier individu qu'il dénoma « protomâle ».

Lorsque la phrase reproductrice commence, ce protomâle émet des traînées de sacs vitellins blanchâtres et gluants. Il les insère alors soit directement dans le corps d’un partenaire « protofemelle », soit les lui expulse pour ingestion par un organe absorbeur. Cette transmission se réalise, selon l'habitat du trio, dans l’eau, dans l’air ou à même le sol des terres.
Cette « protofemelle » modifie les sacs reçus – par un mécanisme biochimique qui n’a pu être identifié – avant de les éjecter selon un processus semblable – insertion ou expulsion pour ingestion – vers un troisième animal « gestataire ». Celui-ci va réaliser la gestation durant une période variant d'une espèce à l'autre (de quelques dizaines de jours à quelques mois) avant expulsion d'oeufs (on est donc dans un mode viviparité) et éclosion externe de ceux-ci.
Si la période de prégnation varie d’une espèce à l’autre, pour le peu d’observations réalisées, elle s’acheve toujours de la même manière : les « embryozootes », d’une taille assez conséquente au regard du ou de la porteuse, sont abandonnés en une longue nappe flottant à quelques mètres de la surface (pour les animaux aquatiques et certains animaux volants) ou déposés dans un nid soigneusement protégé (pour les animaux volants ou terrestres). L’éclosion intervient rapidement ; chaque œuf libére un trio de nouveau-nés.

Dans les mers, chaque trio s’éloigne au plus vite, en espérant survivre aux innombrables prédateurs.
Dans les nids, tous les trios se rassemblent sous la protection du trio géniteur avant d'essaimer au bout de quelques jours : moins de cinq pour les volants, moins de dix les terrestres. Cela monte à un mois ou un peu plus pour les peuples des Sanbaïs (ou abudyes) et des Sanavüqs.

Sur ce monde, la nature a donc créé la gestation par tiers, comme le note Andréa Hiers...

Il semblerait (donc rien n'est certain, les humains n'ont pu disposer d'assez d'observations sur ce point) que, si l'individu « gestataire » (assurant la part végétative de la reproduction) est parfaitement défini, les deux autres individus (part motile) sont apparement dans des situations d'hermaphrodisme, c'est à dire qu'ils pourraient produire indifféremment des gamètes mâles ou femelles. Lesdites observations n'ont pas permis de déterminer s'il s'agissait d'hermaphrodisme simultané ou successif, voire si ces modes étaient propres à certaines espèces ou s'ils étaient communs à toutes.
Nota : Sur Terre, nous connaissons le cas de l'hermaphrodisme de l'escargot et du lombric, de la grande loche, de certaines cochenilles et certaines coquilles Saint-Jacques... Il existe aussi chez certaines espèces, principalement marines, un changement de caractère sexuel dans le temps (celui appelé hermaphordisme successif) ; c'est le cas du poisson-clown.

Un cycle de vie proche de celui des animaux terrestres, mais...

une fin de vie inattendue sur les terres.

Inattendue, car lorsque la mort est liée à une attaque de prédateurs ou à un combat intraspécifique (entre prédateurs de même race), l'animal est dévoré par les tueurs (à minima un trio donc), sans que rien n'en reste.

Mais lorsque cette mort est autre (accident, maladie, vieillesse, combat intraspécifique d'espèces non-carnassières etc.) et que le cadavre reste isolé, les végétaux décomposent le corps à très vive allure (quelques jours à quelques heures) et l'ingèrent comme nutriment. En absence de végétaux, certains sols assurent cette même décomposition chimique rapide, ce qu'il fait qu'il n'y a quasiment jamais de charogne visible sur terre (concrètement des études paléontologiques seraient sans doute impossibles sur Kyklos de par l'absence de fossiles terrestres).

Ceci explique que les charognards et nécrophages soient rares sur Kyklos ; en fait, les carnassiers assurent cette fonction lorsqu'il n'y a pas de végétaux ou de sol décomposant là où meurt un animal. Notez que sur Terre, de nombreux carnivores sont des charognards opportunistes ; c'est le cas des lions, hyènes, renards, ours, loups, corbeaux et condors, par exemple.

Sur la banquise de Kyklos, les congénères non carnivores d'une bête morte entraînent celle-ci sans attendre dans l'eau où de nombreuses espèces vont se charger de la dévorer et de récupérer jusqu'au moindre élément de son corps.

Détail important : chaque espèce vivant sur la base d'un trio (les individus solitaires n'existent quasiment pas), les individus survivants d'un trio disparaissent très rapidement, soit en se laissant mourir de faim et d'inanition, soit en faisant tuer ou dévorer (que ce soit par des carnassiers ou par leurs congénères).

 

Voici quelques-unes des espèces rencontrées par les Humains lors de leur découverte de Kyklos.

Les noms de ces animaux ont été donnés par les cadets, par Andréa Hiers ou par l'IA scientifique Dvaïta.

Animaux de l'hémisphère nord

  1. Sharovipères : animaux volants et carnassiers ayant une vague ressemblance avec les Ptérosaures, et plus particulièrement avec le Sharovipteryx (d'où son nom). Ils volent et attaquent en bande, et sont particulièrement agressifs et dangereux.
  2. Ibyeols : animaux volants ressemblant quelque peu aux raies mantas. Dotés de trois paires de membranes ailées, étagées du ventre au dos, ils possèdent trois flagelles caudaux leur servant de gouvernails pour glisser dans n’importe quelle direction. Épais, ceux-ci se terminent par une large spatule ondulant au gré de leurs mouvements. Leurs corps, d’un blanc laiteux, sont striés et marbrés dans des tons brunâtres. Le nom de cet animal, attribuée par Dvaïta, n'est pas précisé dans l'histoire.
  3. Vitioptors : cousins des sharovipères et des ibyeols, tout aussi carnassiers et dangereux que ceux-ci, mais vivant plus au nord que les précédents, donc dans des régions moins froides. Vitio signifie "vicier, fausser" en latin.
  4. Mégasaurels : animaux marins géants de forme proche des Shastasaurus, reptiles marins géants du genre ichtyosaure, ayant vécu au Trias supérieur (nom sans rapport avec les mégalosaures, mais de même racine que les mégalodons méga + saure).
  5. Tribranchés : animaux marins apparentés à des étoiles de mer dont l'extrémité des branches dispose d'une ventouse comme les rémoras. Leurs cœurs palpitent en éclat lumineux dont les tons varient selon les individus, allant du vert lime au jaune soufre.
  6. Hǎilóngs : animaux pisciformes dôtés de trois « ailes ». Leur apparence tient en un mélange d'exocet, d'éphémère et de nudibranche tel que le Glaucus atlanticus.

Animaux de l'hémisphère sud

  1. Siméios : animaux terrestres sauteurs pouvant s'apparanter aux rats-kangourous (tel que le dipodomys ingens ou rat-kangourou géant), carnassiers aussi bien que charognards, très agressifs, vivent en bande et se déplaçent en permanence.
  2. Zyongs : animaux sauteurs d'Australia, semblables aux Siméios et disposant d'une queue annelée extrêmement longue, très agressifs.
  3. Kniks : cousins des zyongs, espèce vivant uniquement sur Australia dont les griffes particulièrement durent n'importe quel matériau, de la coquille d'animaux à la pierre.
  4. Ablizers : vers carnassiers d'Australia.
  5. Siis : animaux de type scarabé-fourmi, de la taille d'un canidé terrien, vivant en colonie et extrêment agressifs, n'hésitant pas à s'attaquer à des êtres plus grands et plus puissants qu'eux.
  6. Sanbaïs : animaux terrestres ayant une apparence symbiotique entre un myriapode et une termite. Ces êtres géants et sociaux forment la 2e civilisation organisée de ce monde.

 

Les formes florales sont organisées suivant des structures trilobées. Elles mélangent des caractéristiques des lichens et des champignons ; ainsi toutes les « plantes kyklosiennes » possédent-elle un mycélium associé à d’imposants rhizomes. S’étendant et croissant à l’horizontale ou en strates ne dépassant que pour peu d'espèces*  le mètre de hauteur, ces « plantes » ne produisent ni fleurs ni fruits, mais uniquement des spores.

Le cycle de reproduction – tripartie là encore – est court, limité à une dizaine de jours. Répétitif à souhait, il est indépendant de toute saisonnalité, compensant ainsi l’extrême voracité des animaux. La dissémination des plantes se fait soit par les rhizomes, mycéliums ou mycorhizes (c.-à-d. par autochorie souterraine), soit au travers de spores par zoochorie (c.-à-d. par les animaux) ou par anémochorie (c.-à-d. par le vent).

Ces plantes grandissent de manière sporadique, en brusques sursauts, grâce à leurs filaments qui épousent au mieux la configuration des terrains et des rochers sur lesquels elles se fixent et qu’elles pénétrent en émettant des sécrétions acides. Une fois installées, elles usent lentement ces mêmes « cailloux » et « roches » pour les réduire en une poudre qui leur sert de nutriments ; une partie est utilisée à leur développement, l’autre conservée en réserve dans leurs rhizomes.

Cette absorption est associée à leur reproduction par la sécrétion puis la diffusion des spores.
En dehors des phases de reproduction, le végétal ne s’occupe que de sa croissance, s’étendant en lames plus ou moins épaisses et hautes, vivant sur les réserves qu’il emmagasinées lorsque celles à sa disposition diminuent.

Cas de quelques espèces dans les grandes îles les plus au nord : Avga, Dioptres, Clavia et Gona.